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jeudi 27 août 2009

Comment animer le débat ?

À l'écoute d'une conférence dans le cadre de la formation pour le réseau La main à la pâte, Isabelle Millon et Gabriel Viallet apportent leurs réponses à partir de la méthode d'Oscar Brenifier.

Pour l'animation des débats, notamment dans le cadre de Graines de citoyen, je retiens quelques trucs :
  • critique interne avant la critique externe : on critique d'abord l'argument de l'autre avant de proposer son propre argument au lieu de dire "je ne suis pas d'accord, parce que moi je pense que...". Ainsi on demande de penser autrement que comme il a l'habitude de penser, en se fondant dans la pensée d'un autre.
  • "peser chaque idée" : demander qui est pour et contre par exemple pour faire participer toute la classe. Ensuite trouver les différentes objections. On se retourne ensuite vers l'auteur "alors tu vois ça ne fait pas consensus. Est-ce que tu vois comment il y aurait pu avoir une erreur dans ton raisonnement ?" ; "Bah oui, en pensant de telle à telle idée, je crois que j'ai trop généralisé..."
  • Attaquer une idée, c'est parfois ressenti par l'élève comme une attaque envers lui-même, il faut se décentrer par rapport à son idée. S'il reconnaît des inconvénients à son idée, on le félicite : "bravo, tu as bien alimenté le débat."
  • Pour favoriser le décentrement, on peut aussi demander à un autre élève de faire l'avocat de cette idée ; "est-ce que tu as bien compris ?". On le fait reformuler et on vérifie que l'auteur initial de l'idée est d'accord avec cette reformulation. Tout le monde sait que ce n'est pas son idée, il va désormais défendre une idée qui n'est pas la sienne
  • En cas de polémique, il faut favoriser le débat en demandant par exemple à chacun à poser des questions à l'autre pour interroger les limites. On demande à celui qui questionne "a-t-il vraiment répondu à ta question ?" pour vérifier s'il est satisfait et pour éviter les ruses.
Je perçois quelques défauts, et je pense qu'il est aussi important que le prof co-anime. Le sens de l'arbitrage et de l'animation est aussi une compétence à acquérir par la pratique. Il faut aussi veiller au respect des positions minoritaires, que la technique du "vote/sondage" parmi les élèves peut mettre à jour. Être minoritaire, ce n'est pas avoir tort. C'est pourquoi, comme le dit à la fin Gabriel Viallet, il n'y a "pas de production en dehors de l'exercice lui même". Il n'y pas une seule ou même deux réponses à une question, le débat doit rester ouvert.

Ce sont des petits trucs intéressants à tester dans le cadre d'une expérience d'un apprentissage sur une dizaine de séances. Les deux profs confirment en tout cas l'intérêt de laisser les élèves choisir le sujet du jour, le retour aux "ateliers libres". Mais cela demande un travail en dehors de la semaine "Graines de citoyen". Entre favoriser l'apprentissage des techniques autour de l'argumentation ou privilégier que le maximum de choses soient dites autour des droits de l'enfant... Entre le qualitatif et le quantitatif, difficile de trancher...

Quelques ressources sur le web :

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