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mardi 14 juin 2011

Comment réfléchir aux innovations locales

Mardi dernier, j'ai participé à une matinée plutôt intéressante à la FING à Paris. Un atelier était animé par Armel Le Coz et Christophe Tallec, deux designers qui facilitent l'innovation, ce qu'ils appellent le "design de services", c'est-à-dire qu'ils revisitent avec leurs compétences de designer l'expérience d'usagers et des agents pour proposer de nouveaux services. La thématique choisie était la "street democracy" dans le cadre du programme Innovations DemocraTIC de la FING. Pour animer l'atelier, ils ont pris le parti d'inventer deux personnages fictifs, avec une jeune et un vieux, confrontés dans une journée-type à des enjeux liés leur implication dans la vie citoyenne. Chaque idée d'événements venant rythmer sa journée était l'objet d'un post-it auquel répondaient ensuite d'autres post-its pour détailler sa situation et les solutions que notre protagoniste pouvait mettre en oeuvre (des photos ici).


Mon sous-groupe a été l'occasion de retracer les défis d'un universitaire bloqué par une tempête de neige qui va durer plusieurs jours. Comment assurer ses cours ? Comment s'approvisionner en nourriture ? Quelles relations peut-il tisser avec son voisinage dans ce contexte de crise ? La solidarité peut-elle être facilitée par l'émergence de nouveaux services ?

A la FING, difficile d'oublier l'intérêt d'internet pour ces nouveaux services : dans un contexte de crise, on imagine notamment que la Mairie de Lille (la ville fictive de notre personnage) doit communiquer. Elle s'inspire du modèle de Crisismap. Elle met en place une carte collaborative qui permet d'identifier les lieux de services au public. Ce ne sont pas seulement les crèches qui réussissent à ouvrir, très vite les services comme l'alimentation qui relèvent du secteur privé apparaissent aussi sur la carte comme autant de points dessinés par les utilisateurs.

Ce choix est évidemment un parti pris dans l'information, car il apparaît bien vite que la Ville ne peut pas contenter de communiquer uniquement sur les services dont elle a la compétence (et dont elle peut vérifier la véracité). Les personnes autour de la table imaginent vite que la Ville de Lille démontre l'importance de la gouvernance ouverte avec cette crise : les usagers des services participent eux aussi à la capitalisation des informations ce qui améliore l'organisation des services.

En contribuant à la carte, ils informent autant sur les services qui marchent que les zones désertes. Grâce à ces retours en temps réel, les services peuvent s'organiser au mieux. De même, la carte permet de faciliter la vie des voisins : ceux-ci pourront mutualiser leurs déplacements pour s'occuper des personnes qui ne peuvent plus s'approvisionner. On a même retenu quelques leçons de la canicule en 2004. On imagine aussi que les gens peuvent circuler facilement car l'itinéraire des chasses-neiges est connu lui-aussi en temps réel. En période de tempête de neige, j'anticipe avec les autres que le travail des agents sur le terrain est très frustrant. A peine une rue est déblayée que de nouveaux flocons se déposent et donnent l'impression aux habitants que les services restent inactifs. Pour pallier les frustrations des gens, il faut aussi expliquer les problèmes rencontrés en interne. La transparence est aussi une vertu du gouvernement ouvert, surtout à l'heure du story-telling (voir ici un exemple d'un flash régulier sur Twitter).

Lors de l'atelier on évoque aussi l'économie de l'engagement : avec cette carte, on postule évidemment que les habitants auront d'autant plus de "sens civique" si on reconnaît leur engagement. La Ville ayant bien sûr mis en place depuis longtemps une monnaie locale, on s'accommode de la tempête de neige avec les systèmes d'échanges locaux et d'autres formes de circuits courts.

En fait, durant tout l'atelier on s'est plu à imaginer une Ville de Lille idéale et dans les futurs ateliers il sera question de prototyper ces nouveaux services. Cette étape du passage à l'imagination concrète était d'ailleurs l'une des propositions mises en débat vendredi, quand Territoires citoyens, l'association des conseils de développement en PACA organisait une journée de restitution de la tournée de l'ADELS pour expliquer la réforme territoriale grâce à l'appui technique, stratégique et même financier de l'ARDL.

La matinée était animée par Laurent Bielicki sur les mobilisations futures que les conseils de développement vont pouvoir organiser pour faire respecter les démarches de projet alors que le timing de la réforme va plutôt contribuer à fabriquer des coquilles vides. D'ici la fin de l'année, on revoit entièrement le paysage français des intercommunalités. On fusionne, on agrandit le périmètre de chacune sans que les citoyens soient vraiment associés, seules quelques communes comme Le Lavandou ayant décidé d'organiser un référendum. La réforme a été votée en 2010 et les élus n'ont reçu aucun mandat clair de leurs citoyens pour décider de l'avenir des services publics locaux. Cette question récurrente était une nouvelle fois revenue la veille à Gargas dans la Vaucluse où l'ADELS était invitée.

L'après-midi, l'expérimentation était de nouveau à l'ordre du jour, car on avait décidé de faire un petit pas de côté : c'est parce que notre démocratie n'est pas en bonne forme et que la réforme territoriale éloigne le citoyen des lieux où se prennent les décisions que nous avons réfléchi à une quarantaine de propositions pour renverser la donne. Elles visent aussi à remplir plusieurs attentes : dans le cadre de l'université d'été du développement local, organisée par l'UNADEL, on réfléchit à un troisième acte de la décentralisation. Quels pouvoirs pour les citoyens dans cette dernière ? Et la Région PACA a labellisé une série de réunions organisées par les associations "les Fabriques de la démocratie" avant de proposer à l'automne une charte régionale de la démocratie de proximité. Sur la base de ce qu'on avait entendu en PACA et sur d'autres sources, j'avais donc synthétisé des propositions qu'il s'agissait de retenir ou de modifier. J'ai animé ce débat axé sur un colorvote pour aider "Territoires citoyens" à adresser ses recommandations à la région PACA (les propositions étaient visibles sur un prezi).



C'est dans ce contexte que la proposition suivante a été adoptée :
13. Développer "la pratique collective du test, la production de maquettes de services et de simulations, le prototypage de solutions sur le terrain" comme le suggère la 27e Région. La Région est un bon échelon car elle peut mettre en œuvre différentes politiques publiques de manière participative. Il faut pour cela partir de l'expérience des usagers et tester avec eux de nouvelles solutions qui partent du potentiel des acteurs de chaque territoire, non pour tester et dégager des bonnes pratiques qui seraient généralisables sur n'importe quel territoire, mais pour prendre en compte les spécificités des acteurs et leur capacité d'innovation : chaque organisation doit pouvoir adopter des solutions sur mesure aux défis du terrain.

Cette proposition était intéressante parce qu'elle croise à la fois l'enjeu du test (ce que les designers appellent le "prototypage") et la question de l'auto-organisation au niveau local. Reste à se poser la question de l'auto-organisation "de qui ?" C'est sans doute significatif qu'une autre proposition, sur une modalité pratique de cette auto-organisation, a rencontré beaucoup plus de résistance :
24. La culture de la participation existe peu dans les administrations. Pour une réelle participation, la collaboration de toutes les intelligences est essentielle. Il faut donc créer des dynamiques de laboratoire où sont non seulement observées mais fabriquées, expérimentées et évaluées les pratiques participatives. Cela passe aussi par la possibilité pour les agents d'expérimenter et d'avoir un budget nécessaire pour tester de nouvelles approches et de nouveaux services. Libérer les initiatives en interne oblige à la recherche de résultats à long terme au lieu de privilégier la non-prise de risque et la procédure plutôt que le processus.

Le carton marquant la désapprobation a été levé par plusieurs participants et je n'ai pas compris toutes les objections : j'imagine qu'il y avait une question de vocabulaire, mais pour au moins un des participants, il était difficile de voir les agents publics comme autre chose que de "simples exécutants". Sur cette objection, j'ai été surpris de voir que ce que je prenais pour des évidences dans des lectures récentes n'en étaient pas pour les participants de vendredi : par exemple, dans "Leading Public sector innovation - Co-creating for a better society", le directeur de MindLab Christian Bason explique que d'autres niveaux de responsabilité sont impliqués dans une stratégie permettant de l'innovation à côté du "politique" et du cadre à la tête d'une direction qu'on retrouve classiquement (p.252):
Si les personnes à la tête des équipements publics ("institution") et leurs personnels ne convertissent pas leurs idées dans des pratiques quotidiennes,  qu'importe le potentiel innovateur du responsable politique, des personnes à la tête d'une direction ou du cadre moyen ("middle manager"), les citoyens ne remarqueront aucune différence. Cependant, très peu de ces responsables ont les ressources, les méthodes et les outils pour impliquer leurs personnels, les citoyens, les représentants d'usagers et d'autres participants dans un processus de co-création.

Cette perspective tracée par Christian Bason et illustrée par Ch. Tallec et Armel Le Coz demandera donc un temps d'appropriation pour que toutes les parties prenantes puissent se faire confiance, s'écouter avant de pouvoir collaborer "en toute intelligence". J'imagine bien que le sillage de la 27e Région doive continuer de faire beaucoup d'autres vagues avant que la capacité d'innovation des agents soit davantage reconnue.

samedi 11 décembre 2010

Comment définir l'innovation sociale

L’innovation sociale est un processus de « cocréation » et de « coproduction » entre les citoyens et les acteurs institutionnels

Les participants ont convenu que l’innovation sociale est un processus de « cocréation » et de « coproduction » de solutions visant à répondre aux besoins des individus et de la société – au sein duquel les individus, les familles et les organismes communautaires (au même titre que les entreprises à but lucratif et les gouvernements, dans bien des cas) sont considérés comme des catalyseurs potentiels d’innovation.

Les étapes de cette cocréation consistent 1) à constater un problème donné et à décider de le régler; 2) à comprendre la nature du problème, y compris ses causes et son évolution; 3) à faire participer tous les intervenants pertinents en vue d’élaborer un prototype de solution; 4) à mettre en œuvre la solution; et 5) à en évaluer l’impact.

Bien qu’elle soit clairement liée à l’innovation sociale (et qu’elle offre des synergies potentielles et des possibilités de cocréation et de coproduction), l’innovation du secteur public est vue comme un phénomène par lequel les gouvernements améliorent les politiques et les services, non seulement « pour » les citoyens, mais surtout, « avec » les individus et leurs communautés. Comme dans le cas des innovations sociales axées sur l’ensemble de la communauté, un processus d’innovation du secteur public axé sur les citoyens nécessite de nouvelles formes de partenariat et de réseaux regroupant les gouvernements, les entreprises et les organismes communautaires, ainsi que les individus et leurs familles.

Source : Résumé de la table ronde internationale sur l’innovation sociale (18 mars 2010)

mercredi 27 octobre 2010

Comment faire boire un cheval qui n'a pas soif

Le conseil de la jeunesse du 18e organise une projection-débat. "On ne peut pas faire boire un cheval qui n'a pas soif" de Jonathan Duong et Maud Girault, est un film documentaire sur l'école Vitruve, dans le XXème à Paris, une école différente où la parole des élèves est très écoutée. Depuis 20 ans, la convention internationale des droits de l'enfant reconnaît le droit aux mineurs de participer aux décisions qui les concerne. Comment rendre ce droit possible à l'école?
Le film nous donnera les pistes pour en débattre.

mardi 9 novembre 2010 à 19h30

Projection-débat : Ecole, les élèves ont-ils la parole ?
  • 19h30 Projection "On ne peut pas faire boire un cheval qui n'a pas soif" (documentaire, 85 mn)
  • 21h Débat avec le réalisateur Jonathan Duong
Entrée libre
Centre musical Fleury Goutte d'Or - Barbara
1 rue Fleury
Métro Barbès-Rochechouart ou Gare-du-Nord
75018 Paris

carte

Comment Internet requestionne le pouvoir


Xavier de la Porte cite dans un article récent une ethnographe américaine que je ne connaissais pas. Elle travaille sur les réseaux sociaux et dit des choses très intéressantes à propos d'Internet. Xavier de la Porte résume les 4 défis dont l'ethnographe parlerait à propos des TIC :
  • La démocratisation : danah boyd tient à dénoncer ce qu’elle considère comme une erreur : le passage d’un modèle fondé sur la distribution à un modèle de l’attention n’est pas, en soi, porteur de démocratie. “Ce n’est pas simplement parce que nous passons à un état où tout le monde peut obtenir l’information que l’attention sera équitablement répartie.” Mais elle tient à dénoncer ce qu’elle considère comme une seconde erreur : ce ne sera pas non plus la méritocratie : “Certains, écrit-elle, penseront immédiatement : “Ah, mais c’est alors une méritocratie. Les gens donneront leur attention à ce qu’il y a de mieux !” C’est là encore une erreur logique. Ce à quoi les gens accordent leur attention dépend d’une série de facteurs qui n’ont rien à voir avec la qualité. Au un niveau très basique, considérons le rôle de la langue. Les gens accordent leur attention à un contenu qui est émis dans leur langue, même s’ils peuvent avoir accès à des contenus dans une multitude de langues. Ce qui signifie que, grâce à la loi du nombre, des contenus en Chinois attireront bientôt un plus grand nombre de visiteurs que des contenus en Anglais, et à plus forte raison en Allemand ou en Hébreu.” Voici pour la question de la démocratisation.
  • La stimulation : danah boyd explique que les gens consomment d’abord les contenus qui stimulent, c’est-à-dire qui provoquent une réponse émotionnelle. Ce n’est pas toujours le contenu le “meilleur” ou le plus instructif, mais c’est le contenu qui provoque une réaction. Or, ajoute-t-elle “en soi, ce n’est pas forcément une bonne chose”. danah boyd fait ensuite une analogie qui vaut ce qu’elle vaut, mais qui n’est pas inintéressante : “Considérons la réaction équivalente dans le champ de la nutrition. Nos corps sont programmés pour consommer de la graisse et des sucres parce qu’ils sont rares dans la nature. Quand nous en avons devant nous, nous avons une propension instinctive à nous en saisir. De la même manière, nous sommes biologiquement programmés à être attentifs à des choses qui stimulent : des contenus qui sont outrés, violents ou sexuels, et des potins qui humiliants, gênants, ou agressifs. Si nous n’y prenons pas garde, nous allons développer un équivalent psychologique de l’obésité. Nous allons nous retrouver à consommer les contenus qui sont le moins bénéfiques pour nous pour la société, simplement parce qu’il est désormais facile d’y avoir accès.” Certes, dit danah boyd, la stimulation créée des connexions cognitives, mais il peut aussi y avoir surplus de stimulation. C’est un effet possible des évolutions qui ont lieu, et il faut compter, selon elle, sur ceux qui vont tenter d’exploiter cette dynamique dans leur propre intérêt, via le ragot dont danah boyd explique en détail comment il constitue un contenu particulièrement stimulant. “Nous devons commencer à nous demander ce que serait l’équilibre, et comment nous pourrions favoriser un environnement qui valorise la consommation de contenus qui bénéficient tout ensemble à l’individu et à la société. Ou, a tout le moins, comment nous pouvons apprendre à ne pas nourrir les trolls.”
  • L’homophilie : “Dans un monde de média connecté, explique danah boyd, il est facile d’éviter les points de vue de ceux qui pensent différemment de nous. L’information peut prendre des chemins qui renforcent les divisions de la société et c’est ce qu’elle fait d’ailleurs.” Si au cœur de la philosophie démocratique, il y a le partage de l’information, ajoute danah boyd, sa trop grande segmentation risque de nous priver du socle rhétorique commun nécessaire à son bon fonctionnement. Là, danah boyd détaille : “à l’occasion de mes travaux sur les réseaux sociaux, j’ai été étonnée par ces gens qui croient que tout site internet est fabriqué pour des gens comme eux. J’ai interviewé des gays qui pensaient que Friendster était un site de rencontre pour homosexuels parce qu’ils n’y voyaient que des gays. J’ai interviewé des adolescents qui pensaient que tout le monde sur MySpace était chrétien parce que tous les profils qu’ils voyaient contenaient des citations de la Bible. Nous vivons tous dans notre propre monde, avec des gens qui partagent nos valeurs ; avec les médias connectés, il peut être difficile de voir au-delà de ce que nous sommes en train de regarder.” danah boyd explique qu’il existe néanmoins aujourd’hui un moyen de décentrer, c’est de suivre les trendings topics de Twitter (il s’agit de suivre une conversation autour d’un sujet). Là, explique-t-elle, on peut se trouver confronté à des manières de penser tout autre (elle cite l’exemple d’une conversation sur la diversité culturelle et linguistique commencée en Afrique du Sud autour du hashtag #thingsdarkiessay). Mais conclut-elle tristement sur ce point : “A l’âge des médias connectés, nous devons reconnaître que les réseaux sont homophiles et agir en conséquence. La technologie n’a pas dans son essence de mettre fin aux divisions de la société. Et même, plus souvent qu’à son tour, elle les renforce.”
  • Le pouvoir : “Le pouvoir, c’est être capable de commander l’attention, d’influencer l’attention des autres, d’une certaine manière la circulation de l’information. Nous donnons le pouvoir aux gens quand nous leur donnons notre attention.” Or, dans une société en réseau, il y a aussi du pouvoir dans le fait d’être celui qui répand le contenu. “Quand, avec Scott Golder, j’ai examiné les retweets sur Twitter, nous sommes tombés sur une question fascinante. Pour faire court, faut-il créditer l’auteur du contenu ou celui par lequel vous est venue l’information ? Instinctivement, on aurait tendance à penser que l’auteur est celui vers qui va notre reconnaissance. Mais, peu d’idées sont vraiment le produit d’un seul individu. Pourquoi donc ne pas reconnaître le messager qui aide le contenu à s’écouler ? Elle en conclut que nous débarrasser des limites imposées par des canaux de distribution centralisés n’a donc pas correspondu à un transfert du pouvoir vers les créateurs de contenu. On a assisté au contraire, explique-t-elle, à l’émergence d’un nouveau genre de marchand de l’information, des gens qui tirent leur pouvoir d’une position structurelle.
L'article en entier se lit ici.

jeudi 30 septembre 2010

Comment Charpak laissera une trace indélibile

J'avais déjà raconté l'intérêt des expériences innovantes à l'école comme celle de la Main à la pâte il y a maintenant plus d'un an. Au lancement de la Main à la pâte, il s'en expliquait ainsi : ""C'est vrai. Je m'intéresse à la société, à mon pays, et je serais heureux d'être associé, par exemple, à la guérison de certaines tares comme l'échec scolaire, confirme Georges Charpak. Au CERN, j'utiliserais volontiers le poids du Nobel pour leur casser les pieds afin qu'ils intègrent plus volontiers dans les grands groupes de recherche quelques inadaptés dans mon genre qui travailleraient sur les détecteurs. Ce serait un bon stimulant pour attirer de meilleurs chercheurs. Plus généralement, j'aimerais favoriser un meilleur contact, une meilleure communication, entre disciplines scientifiques. Le monde scientifique est trop structuré, et il n'est pas facile de passer d'une communauté à une autre. J'en sais quelque chose, moi qui suis désormais à moitié physicien et à moitié biologiste."

"Inculquer, dès l'enfance, les méthodes de base du raisonnement scientifique est la seule chance de doter les générations futures des moyens d'un rapport dépassionné, raisonnable avec la science. C'est là un enjeu de civilisation", écrivait-il. "Pour la première fois de ma vie, j'ai l'impression de faire de la politique intéressante" : "tout cela doit peu à des directives ministérielles", mais "beaucoup au terrain" confessait-il encore en novembre 2006 au “Figaro”.

Il était aussi très fier d'une lettre écrite à Mikhaïl Gorbatchev en 1987, et dont des extraits furent publiés par le Nouvel Observateur. "Je lui conseillais de "trahir ses ennemis "en reculant ses chars vers l'est, et de spéculer en Bourse sur la baisse des actions des sociétés d'armement qu'aurait inévitablement provoquée ce retrait unilatéral. Il aurait pu, ensuite, vendre des tanks compressés par le sculpteur César pour remplacer les monuments aux morts dans chaque village français. C'est ainsi que je fais de la politique : comme un bouffon désespéré."
 
Le bouffon désespéré à l'origine de la Main à la pâte s'est éteint hier à Paris à l'honorable âge de 86 ans.

vendredi 26 mars 2010

Comment transformer l'information en action ?

Twitter, nouveau porte-voix de la rue en Iran ? Les applications de téléphonie mobile, nouveau vecteur de développement ?

Internews Europe organise le 31 mars une projection-débat de "10 tactiques pour transformer l'information en action", un film du Collectif Tactical Tech autour des médias sociaux au service de l'activisme et du travail des ONG.

À travers le monde, les réseaux sociaux et les nouvelles technologies sont de plus en plus largement utilisées par les ONG et les activistes pour servir leurs causes. Venez découvrir comment et repartez avec de nouvelles idées !


Mercredi 31 mars 2010 à 18h30 au Comptoir Général.

mercredi 17 février 2010

Comment diminuer la violence scolaire

Je lisais ce matin un entretien dans Métro de Georges Fotinos. Cet ancien inspecteur général de l'Éducation nationale et membre associé de l’observatoire de la violence scolaire réagissait au mouvement des professeurs de l'académie de Créteil qui réclament plus de moyens pour assurer la sécurité des établissments.

Il y a quelques jours dans un texte publié par l'AEF (disponible que pour les abonnés), il développe ce qui lui semble être un des axes impensés par les gouvernements successifs : la prévention. Cette idée n'est pas nouvelle, car si les élèves sont acteurs et témoins de violence, repenser le climat scolaire semble aller de soi.

Le projet que je mène dans un collège du 18e autour de l'évaluation par les élèves du climat scolaire a débuté et nous allons commencer durant le mois de mars à co-construire un questionnaire d'évaluation avec les délégués. Dans la lignée des territoires de coresponsabilité, l'évaluation sera ensuite faite par l'ensemble des élèves et ils pourront aussi proposer des actions. Ces actions seraient mises en place à la rentrée 2010 : parmi elles des actions réalisées par des adultes sans doute, mais aussi d'autres par les élèves eux-même. Il a aussi été question de l'absence de l'infirmière qui ne trouvera certainement pas de réponse immédiate.

L'implication des élèves est essentielle pour faire évoluer le climat scolaire et tout démontre des attentes des élèves. Il faut commencer à prendre au sérieux l'éducation à la citoyenneté active et il faudra trouver tous les moyens pour encourager les innovations locales, comme celle à laquelle je participe. Georges Fotinos propose d'autres choses plus radicales mais surtout plus "descendantes" :
la réforme des lycées insiste sur l’importance de l’engagement associatif et le bénévolat des lycéens reconnus par un livret de compétences. Pour aller jusqu’au bout de cette orientation, ne faudrait-il pas à l’exemple de plusieurs autres pays considérer cet engagement comme un élément nécessaire à l’obtention des diplômes généraux et professionnels de l’enseignement secondaire… nous aurions alors considérablement avancé sur le chemin de la prévention de la violence et celui de l’avenir citoyen de nos lycéens.
Si le principe parait louable, la réalité est un peu différente. J'ai quelques doutes sur la faisabilité de la chose, car la liberté d'association inclut la liberté de refuser d'adhérer. Or en rendant obligatoire cette adhésion à une association (quel que soit son but), je ne sais pas si on renforce réellement la politisation. Par contre, la reconnaissance d'activités bénévoles comme le fait France Bénévolat serait tout à fait envisageable dans le cadre d'options facultatives. Cette reconnaissance de compétences acquises lors d'activités bénévoles existe déjà dans le cadre de la validation des acquis de l'expérience (VAE). Ce sera d'ailleurs peut-être bientôt le cas pour le Conseil Parisien de la Jeunesse, mais cela se fait un peu attendre. Et pour les diplômes ?

samedi 9 janvier 2010

Comment animer une démarche de coresponsabilité

Pour le Conseil de l’Europe, un territoire de coresponsabilité est « un territoire où l’ensemble des acteurs privés, publics, citoyens, se concertent et s’engagent en vue d’assurer, par la coresponsabilité, le bien-être de tous, y compris celui des générations futures.» Comme les Ateliers Santé Ville, il s'agit sur un territoire restreint de poser un diagnostic partagé croisant l'expérience des professionnels et des habitants. Puis à la suite de ce repérage, des actions pilotes sont menées pour ensuite être évaluées et éventuellement étendues.

Tout cela repose sur la stratégie de cohésion sociale révisée adoptée par le Conseil de l’Europe en 2004. Elle définit la cohésion sociale comme « la capacité d’une société à assurer le bien-être de tous ses membres, à minimiser les disparités et à éviter la polarisation », bref un idéal de solidarité. Par ailleurs, d’autres initiatives s’inscrivent dans les mêmes préoccupations, notamment les villes en transition (Transition Towns), les Agendas 21, les pactes locaux, etc.

Les villes de Mulhouse (France), de Timisoara (Roumanie) et de Trente (Italie) et la Région wallonne (Belgique) figurent parmi les premières collectivités territoriales à défendre l'idée de « territoires de coresponsabilité ». Elles ont commencé à mettre en œuvre des projets spécifiques (par exemple, le « contrat social multipartite » pour des partenaires surendettés ou bénéficiaires de prestations sociales), qui favorisent l'intégration globale par le logement et l'emploi, sur la base d’une coopération entre les autorités et associations locales, les acteurs privés et les bénéficiaires eux-mêmes.

L'évaluation se fonde sur des indicateurs co-construits avec par des groupes de référence. Cela dépasse donc la simple démarche de mesure de satisfaction des services publics locaux. Avec la mise en place d'un diagnostic partagé pour mieux connaître la réalité vécue par les uns et les autres de ce qui fonde la qualité de vie, cela amène la communauté à s'engager dans une démarche collective et de nouvelles responsabilités. On peut imaginer que les usagers soient davantage associées à la coréalisation du service, que leur présence au sein des conseils d'administration soit accrue,...

Produire un diagnostic partagé sur le bien être citoyen nécessite une culture du dialogue et une véritable méthodologie de la concertation en plusieurs étapes :
  1. Définir une vision partagée du bien être citoyen
  2. Construire les indicateurs du bien être citoyen
  3. Évaluer la situation
  4. Élaborer et mettre en œuvre un plan d’action


Pour en savoir plus, on peut se renseigner sur ce qu'a entrepris la ville de Mulhouse par exemple.

dimanche 11 octobre 2009

Comment une collectivité locale peut favoriser l'autonomie et l'engagement des jeunes

Avant-hier je participais au colloque national du CIDJ à la table-ronde sur le rôle d'Internet dans l'autonomie des jeunes. J'avais peut-être plus de choses à dire encore sur la 4e table-ronde, les moyens de favoriser l'engagement des jeunes. Le principal problème des dispositifs français, c'est qu'ils s'adressent aux initiatives individuelles sans pour autant proposer des actions systématiques. On pourrait aussi déplorer l'absence de plan transversal (école, loisirs,...).

Davantage de perspectives sociales par le capital social

Il faudrait sortir de l'enfermement des classes et des niveaux : pour le choix des loisirs et si on veut développer la construction autour de projets (pédagogie par projets), il faut développer des activités à l'extérieur des classes. En quelque sorte, il s'agirait de rajouter du non-formel dans l'éducation formelle.
Si on veut développer l'autonomie par rapport au milieu social, il faut pouvoir proposer des « alternatives ». Or, l'école, c'est pas tout à fait le lieu du brassage social (la carte scolaire actuelle ne la favorise pas).

Il faut développer ce que Burt en sociologie a appelé les trous structuraux, c'est-à-dire l'ouverture sur d'autres réseaux sociaux que ceux qu'on connait déjà. Cela permet d'accroitre les possibilités ? Pour cela, que peut faire une collectivité locale ? Il faut qu'elle s'intéresse aux activités hors de l'école : l'offre de loisirs est un exemple avec les activités informelles entre amis comme les activités non-formelles en club,... Un vrai travail de terrain est ici nécessaire pour faire un diagnostic partagé.

Une meilleure maitrise du code

Sur les activités non-formelles, je connais particulièrement bien l'exemple des conseils de la jeunesse. Que la Mairie souhaite consulter les jeunes, pourquoi pas. Mais le faible ratio de jeunes concernés pose des questions sur l'impact de l'exercice sur l'éducation active à la citoyenneté. La Mairie, c'est très loin comme lieu de vie d'un jeune. Ce n'est pas normal, mais c'est ainsi. Par contre, on peut remarquer que dans un lieu de vie, comme l'établissement scolaire, la consultation des jeunes, la prise en compte de leur parole ne bénéficie pas de la même bienveillance : c'est rarement institutionnalisé même. Le mouvement Freinet n'est pas en très bonne forme. Le nombre de lycées auto-gérés n'a pas varié depuis 1981. Alors qu'on a en France une éducation civique très théorique, qui fait l'expérience de la démocratie à l'école ? Le meilleur moyen d'apprendre, c'est pourtant de pratiquer le débat, le dissensus, le consensus, etc.

N'est-ce qu'un truc d'affreux gauchistes ? Il suffit de se renseigner sur ce qui peut se faire en Europe pour savoir que non. Le manuel du Conseil de l'Europe sur la gouvernance démocratique de l'école donne une multitude d'expériences impliquant à des degrés divers les élèves. Les compétences développées par l'éducation à la citoyenneté démocratique sont connues. Et ces compétences rappellent un peu la question des codes du sociologue britannique Basil Bernstein.

Les freins

Moderniser toute cette éducation demanderait de changer bien des habitudes. On assiste à une montée en puissance de la présidentialisation au lieu de la collégialité dans bien des domaines. Le dernier exemple dans les lycées, c'est la restriction par décret cette année du droit de réunion des élèves dans l'établissement : l'autorisation par le chef d'établissement est désormais obligatoire. Et puis qui financerait l'empowerment des jeunes ? Quel intérêt politique ? Si tout le monde était plus autonome, aurions-nous les mêmes inégalités en terme de pouvoir ? En terme de génération ? En terme de classes sociales ?

mardi 8 septembre 2009

Comment Vidal-Naquet proposait le tirage au sort

Au cours de ces débats, je proposai un jour qu'à côté du conseil élu qui gouvernerait l'École [EHESS], on adjoigne un "anti-conseil" qui serait, lui, tiré au sort. C'était une suggestion inspirée d'Athènes, mais elle ne fut pas retenue. Il m'est arrivé de la reprendre pour d'autres institutions de l'Éducation nationale, et même de la faire aboutir pendant une brève période, au début du pouvoir de la gauche. Les sections du CNU (Conseil national des universités) qui nomment les professeurs ont été ainsi tirées au sort. Cela ne marcha pas mal du tout, mais cela ne dura pas.

Extrait de : Pierre Vidal-Naquet, Mémoires. Le trouble et la lumière 1955-1998, Le Seuil/La Découverte, 1998, p.293.

J'espère voir d'autres exemples de ce type dans les deux ouvrages d'Yves Sintomer à paraître dans les semaines qui arrivent... Inutile de dire que j'attends avec impatience :

  • La démocratie participative: histoires (en coll. avec M.H. Bacqué), La Découverte, coll. Recherches
  • Généalogies des dispositifs participatifs contemporains (en coll. avec M.H. Bacqué), Adels/Yves Michel

dimanche 30 août 2009

Comment le PS pourra-t-il refuser la démocratie interne ?

Je lisais les compte-rendus des ateliers du Parti socialiste pour les universités d'été de La Rochelle à la recherche de mots-clés. Vous devinez ? "Promotion de la santé" et "démocratie participative"...

Je n'ai pas participé à ces ateliers, donc je n'ai qu'une connaissance indirecte par Internet. Il n'a pas été visiblement question du rôle de la promotion de la santé pour réduire les inégalités de la santé. Je ne dis pas que c'est l'alpha et l'omega d'une politique de santé (hein Bastien...). Mais comme le montrait depuis longtemps Illich, cela fait un moment que la contribution des richesses nationales (en terme de PIB) au système de santé a considérablement augmenté sans que l'espérance de vie augmente.

Il y a plusieurs déterminants des inégalités de santé parmi lesquels évidemment la présence d'un système de soins (le droit à la santé est défini par ça comme je l'expliquerai dans les jours qui viennent). Mais les plus importants restent le milieu social (défini et par le diplôme et les revenus, le diplôme étant plus marquant que le revenu d'ailleurs), les comportements à risque et les évènements traumatiques. Ce sera évidemment le sujet d'un autre billet prochainement (mais pas trop vite car j'ai mon mémoire qui m'occupe).

Comme l'indique le titre du billet, je voulais davantage aborder la question de la démocratie interne au Parti Socialiste. En 2007, Ségolène Royal entendait révolutionner les pratiques avec la consultation ouverte pour bâtir son programme de Désirs d'avenir. Le processus de synthèse échappait aux militants, ce qui n'avait pas échappé à l'époque à Yves Sintomer qui avait critiqué la méthode.

Même si c'était de la comm' c'était un premier pas pour changer la méthode. Mais le souffle s'est-il éteint ? Comme le souligne Frédéric Chéreau :
à quand un laboratoire des méthodes ? Le comment faire, voilà le vrai enjeu !
Ryden en rajoute :
Qu'avez-vous fait des 1787 contributions des adhérents du Parti ? Etes-vous omniscients ? Avez-vous connu la misère ? [...] Les propositions des adhérents veant de la base du peuple sont-elles indignes d'intérêt.
Il semblerait que le Parti Socialiste comme les autres partis politiques n'ait pas réussi à trouver les méthodes pour animer le débat collectif de manière égalitaire (horizontal). Pourtant des propositions intéressantes existent chez les militants socialistes grâce à Internet notamment. Et BaptisteP s'interroge :
Le PS souhaite-il la mise en place d'un véritable "réseau social" sur internet permettant aux militants et sympathisants de dialoguer et d'échanger les idées, articles, vidéos, arguments sur un espace commun?
Le contrôle de l'information est pourtant stratégique pour un organe de pouvoir. La présence au Conseil National aussi... Pierre Vidal-Naquet, qui voulait organiser une chose similaire pour la direction de l'EHESS, aurait été fier d'entendre Pierre Dorémieux proposant :
le tirage au sort de la moitié des membres du CN parmi les militants (à jour de cotisation, actifs... à voir) [...] Le tirage au sort national :
  • évite les tactiques d'écuries dans la présentation de listes;
  • favorise le brassage;
  • permet statistiquement de représenter l'ensemble des militants.
Rien de moins que le fameux anti-conseil qui est pour le moins révolutionnaire... et sensé. À rajouter dans ma liste des conditions pour que j'adhère de nouveau à un parti...

vendredi 28 août 2009

Comment Internet reste un espace (incomplètement) public

Ils [les utilisateurs] exploitent les propriétés des différentes plates-formes pour construire un public adressé tout en se cachant des autres. Sur leurs Skyblogs, les adolescents paradent devant leurs copains. Parents, professeurs ou responsables d'établissement ne font pas partie du public visé et même s'ils peuvent accéder à leur Skyblog, il leur faut pour cela s'engager dans de fastidieuses et complexes explorations pour les découvrir.

L'opposition binaire privé/public cache en fait des dimensions plus subtiles et de nombreuses positions intermédiaires. [...] Il y a toujours du privé dans le public et inversement.

Extrait de : Dominique Cardon, "L'identité comme stratégie relationnelle", Hermès, Vol. 53, 2009.

Le dernier numéro de la revue Hermès consacrée à TRAÇABILITÉ ET RÉSEAUX. Absolument passionnant, tout semble passé en revue : RFID, l'histoire de Petite Anglaise, la vidéosurveillance, la CNIL, les mobiles,... Cela constituera une excellente base documentaire pour préparer les ateliers de Graines de citoyen sur les données et la protection de la vie privée. Je n'ai eu le temps de lire hier que quelques articles, dont celui de Dominique Cardon.

Il aborde aussi le jeu de certains qui envoient dans le domaine public des vidéos sur des plateformes comme Youtube ou Dailymotion, mais qui taggent et nomment leur vidéos de telle manière que seuls les initiés pourront y avoir retrouver la vidéo. Il y a aussi toute la réflexion autour des différentes identités projetées selon les différents sites communautaires. Le profil sur un site de drague ne développe pas les mêmes "atouts" avec le profil sur Myspace. Le but reste de favoriser les recherches ciblées. Alors les gens tendent à rendre des choses intimes publiques pour gagner du temps. Parfois, ça arrive aussi par erreur. Et c'est le drame.

jeudi 27 août 2009

Comment animer le débat ?

À l'écoute d'une conférence dans le cadre de la formation pour le réseau La main à la pâte, Isabelle Millon et Gabriel Viallet apportent leurs réponses à partir de la méthode d'Oscar Brenifier.

Pour l'animation des débats, notamment dans le cadre de Graines de citoyen, je retiens quelques trucs :
  • critique interne avant la critique externe : on critique d'abord l'argument de l'autre avant de proposer son propre argument au lieu de dire "je ne suis pas d'accord, parce que moi je pense que...". Ainsi on demande de penser autrement que comme il a l'habitude de penser, en se fondant dans la pensée d'un autre.
  • "peser chaque idée" : demander qui est pour et contre par exemple pour faire participer toute la classe. Ensuite trouver les différentes objections. On se retourne ensuite vers l'auteur "alors tu vois ça ne fait pas consensus. Est-ce que tu vois comment il y aurait pu avoir une erreur dans ton raisonnement ?" ; "Bah oui, en pensant de telle à telle idée, je crois que j'ai trop généralisé..."
  • Attaquer une idée, c'est parfois ressenti par l'élève comme une attaque envers lui-même, il faut se décentrer par rapport à son idée. S'il reconnaît des inconvénients à son idée, on le félicite : "bravo, tu as bien alimenté le débat."
  • Pour favoriser le décentrement, on peut aussi demander à un autre élève de faire l'avocat de cette idée ; "est-ce que tu as bien compris ?". On le fait reformuler et on vérifie que l'auteur initial de l'idée est d'accord avec cette reformulation. Tout le monde sait que ce n'est pas son idée, il va désormais défendre une idée qui n'est pas la sienne
  • En cas de polémique, il faut favoriser le débat en demandant par exemple à chacun à poser des questions à l'autre pour interroger les limites. On demande à celui qui questionne "a-t-il vraiment répondu à ta question ?" pour vérifier s'il est satisfait et pour éviter les ruses.
Je perçois quelques défauts, et je pense qu'il est aussi important que le prof co-anime. Le sens de l'arbitrage et de l'animation est aussi une compétence à acquérir par la pratique. Il faut aussi veiller au respect des positions minoritaires, que la technique du "vote/sondage" parmi les élèves peut mettre à jour. Être minoritaire, ce n'est pas avoir tort. C'est pourquoi, comme le dit à la fin Gabriel Viallet, il n'y a "pas de production en dehors de l'exercice lui même". Il n'y pas une seule ou même deux réponses à une question, le débat doit rester ouvert.

Ce sont des petits trucs intéressants à tester dans le cadre d'une expérience d'un apprentissage sur une dizaine de séances. Les deux profs confirment en tout cas l'intérêt de laisser les élèves choisir le sujet du jour, le retour aux "ateliers libres". Mais cela demande un travail en dehors de la semaine "Graines de citoyen". Entre favoriser l'apprentissage des techniques autour de l'argumentation ou privilégier que le maximum de choses soient dites autour des droits de l'enfant... Entre le qualitatif et le quantitatif, difficile de trancher...

Quelques ressources sur le web :

dimanche 23 août 2009

Comment améliorer la démocratie locale à Paris

Je publie ici le résultat des travaux du groupe de travail de la LDH sur la démocratie participative dans le cadre de la concertation pour la rédaction de la Charte parisienne de la participation. Le site internet de la fédération de Paris a un problème empêchant toute actualisation. Il fallait bien qu'on puisse retrouver nos propositions quelque part pour les comparer à ce que sera la Charte parisienne de la Participation.

La démocratie participative devrait concerner tous les citoyens. Pour cela, la Mairie de Paris doit faciliter la consultation et la circulation des informations avec les personnes impliquées ou non dans les instances participatives (Conseils de quartier, Conseils de la jeunesse, CICA, etc…) et dans les associations.

I. Principes d'une democratie vivante


Privilégier largement le principe de co-élaboration, ou de co-décision

  • Associer les instances et les associations au diagnostic sur chaque projet, en amont de leur élaboration concrète (dès la définition du cahier des charges et avant enquête publique).

  • Favoriser l'élaboration de scénarios alternatifs et s'assurer que diverses options sont débattues sur la base d’une information suffisante.

  • Expérimenter les démarches de codécision, notamment pour certains projets visant un public restreint et bien identifié (ex. habitants d’une zone résidentielle, collégiens d’un secteur,...).

  • Développer les expériences de budgets participatifs à plus grande échelle.

  • Organiser les directions de la Ville de façon à prévoir le recours aux instances participatives dans le fonctionnement courant du Conseil de Paris et des Conseils d’arrondissement. Stimuler la participation des fonctionnaires et nommer des référents pour chaque concertation.

Développer une logique de projet partagé

  • Privilégier la qualité du débat collectif afin de contribuer à la construction partagée de l’intérêt général et renforcer le dialogue entre différents échelons de territoire : local, parisien, régional…

  • Publier les avis de tous les acteurs des concertations, rendre leurs avis facilement accessibles afin de permettre le dialogue dans la société civile.

  • Organiser des rencontres fréquentes entre les instances (entre niveaux différents et entre instances de nature différente).

Harmoniser les procédures de consultation et de concertation

  • Rédiger un guide méthodologique sur la conduite des processus de consultation et de concertation par la Mission démocratie locale en étroite concertation avec les instances participatives.


II. Les acteurs pour le faire


Garantir l’autonomie d'animation de chaque instance

  • L'ordre du jour est établi par l'ensemble des membres.

  • L'animation est collégiale (collectif d'animation, bureau...).

  • Les débats sont présidés par l’équipe d’animation de chaque instance et non par un élu.

Mettre à disposition les moyens humains, financiers et matériels nécessaires

  • Améliorer la stabilité du personnel assistant les instances participatives.

  • Mettre à disposition des bureaux avec des matériels informatiques. Permettre l’utilisation des moyens municipaux de communication pour diffuser les informations, avis et décisions (panneaux, Internet, journaux municipaux, courrier postal...)

Permettre in vrai débat en dehors des comptes-rendus de mandat, rendre des comptes sur les avis des instances et lutter contre l'écoute sélective des élus

  • Inscrire automatiquement les vœux votés par les instances à l'ordre du jour du Conseil d’arrondissement, puis du Conseil de Paris.

  • Inclure le bilan des échanges avec les instances dans le rapport général d'activités de la Mairie de Paris sur les projets en cours et terminés.

  • Rendre accessible aux Parisiens une description complète des projets (acteurs impliqués, le budget, le calendrier,...).

  • En période de campagne électorale, faire des instances participatives des lieux de débat avec l'ensemble des candidats.


III. Les clés pour associer encore plus... et autrement


Développer la démocratie directe

  • Organiser des référendums locaux consultatifs donnant le choix entre plusieurs scénarios alternatifs. Accompagner ces référendums d’une communication suffisante pour permettre une forte participation.

  • Donner aux partis minoritaires la possibilité de décider d'un sujet par mandature, en accord avec la Commission parisienne du débat public.

  • Réaliser un véritable droit local aux initiatives populaires : les propositions demandées par pétition par au moins 7% de Parisiens sont directement soumis à référendum.

Améliorer la transparence et fournir une information permettant l’implication des Parisiens à chaque phase du projet (conception, réalisation, évaluation)

  • Un site internet unique récapitule tous les projets parisiens (calendrier, budget, processus participatifs …) et communique au fur et à mesure les avis des acteurs.

  • Les activités récentes, les thèmes de la prochaine réunion et le bilan annuel de chaque instance sont facilement accessibles (en mairie, dans les maisons des associations, sur internet, distribution dans les boites aux lettres...). Pour répondre à la question "que font-ils en ce moment ?", on ne doit pas passer plus de 10 minutes sur le site de paris.fr ou à la Maison des associations.

  • Les documents à destination du public offrent différents niveaux de précision pour que le débat soit le plus accessible et le plus constructif pour tous.

  • Les réponses de la Ville sont fournies dans des délais raisonnables (moins d'un mois).

Multiplier les modalités innovantes pour permettre l'implication de tous les publics, même les plus éloignés de la vie publique locale

  • S’appuyer sur les partenaires locaux (associations locales, centres sociaux…) et mettre en place des méthodes d’animation adaptées aux différents publics, par exemple les marches exploratoires.

  • Favoriser l'usage de sondages co-construits par les instances (pour ceux qui n'ont pas assez de temps pour les délibérations).

  • Investir toutes les techniques de délibération permises grâce à Internet.

Renforcer l'évaluation des démarches participatives en vue de leur amélioration

  • Mener les évaluations en concertation avec les instances participatives.

  • Tous les partenaires consacrent à l’évaluation une partie de leur rapport annuel d'activités.

  • Définir des critères d’évaluation à la fois quantitatifs et qualitatifs : moyens financiers et humains (quel budget consacré à la démocratie participative), impact sur l'orientation des actions de la Ville, qualité de l'engagement citoyen (diversité du public impliqué)…


C'est seulement par ces garanties concrètes que notre Ville répondra au défi démocratique.

samedi 22 août 2009

Comment améliorer le Conseil Parisien de la Jeunesse

À la rentrée s'ouvrira un nouveau Conseil Parisien de la Jeunesse renforcé. Enfin c'est ce qui se dit, parce que je suis assez dubitatif sur Bruno Julliard. Et pour le moment, c'est plutôt la croix et la bannière pour que Bertrand Delanoé ait envie de venir nous voir. Je suis rentré au CPJ début 2007 et je ne l'ai toujours pas vu venir nous voir en plénière. Je suppose qu'il voit pourtant le CODEV ou le Conseil scientifique un peu plus régulièrement. Mais voilà, les jeunes n'ont pas la même importance dans son emploi du temps. Les moyens pour la jeunesse ont fondu au niveau municipal de moitié "à cause de la crise", paraît-il. Personne n'en a parlé, parce que c'est toujours un sujet secondaire. Pourtant des solutions pour améliorer le rapport des jeunes au politique existe. Il faut aussi dire que c'est difficile de fédérer la jeunesse avec une instance de 80 membres. Voici les propositions que j'avais formulées l'hiver dernier pour alimenter le débat.


Au séminaire annuel organisé à Dourdan, nous discutons chaque année des améliorations à apporter au CPJ (conseil parisien de la jeunesse) et aux CJA (conseils de la jeunesse d'arrondissement). Une réforme a été entérinée en 2007 et, à la suite des élections, de nouveaux ateliers ont travaillé sur les points à améliorer. Ce document est basé sur des propositions (en gras) ayant fait consensus à Dourdan à propos de la relation avec les élus auxquelles j'en rajoute d'autres. Certaines sont applicables à court-terme, d'autres demandent un peu plus de temps pour pouvoir voir le jour.
Assurer l'empowerment des membres du CPJ


Au niveau parisien, il paraît nécessaire de mieux connaître l’administration et son fonctionnement. Un sondage sur les connaissances des actions de la Ville auprès des jeunes, et même ceux du CPJ, serait éclairant sur le problème de la compétence à se saisir de problèmes politiques. L'une des missions du CPJ (et peut-être aussi des CJA) devrait être de permettre à leurs membres d'acquérir des connaissances au moins sur le fonctionnement de la Ville, sur ce qu'elle offre, les différents choix stratégiques possibles, ainsi évidemment qu'une aptitude acquise sur le tas au débat. Si ces deux compétences sont nécessaires pour le « métier de citoyen », elles restent peu présentes (et inégalement distribuées) tant dans le CPJ que dans le reste de la population.
Il faudrait être consulté au niveau des arrondissements de la même manière que les conseils de quartier, notamment sur ce qui nous concerne :
- Urbanisme
- Les transports (ça a pu se faire dans certains arrondissements pour le tramway)
- Les évènements (sur les évènements récurrents nous donner des « cases » par exemple dans les festivals,…)
- Sur les équipements sportifs
- Sur les cantines
Concrètement, si les élus ne penseront pas forcément à nous, nos animateurs devraient connaître les projets en cours dans lesquels on pourrait intervenir, notamment sur ce qui nous concerne. Pour ça, il faudrait que nos animateurs puissent systématiquement assister aux réunions des collaborateurs du Maire (le cabinet). Cela peut se faire dans certains arrondissements. Ainsi, ils pourront faire le lien entre la Mairie et nous (lien qui existe rarement dans la plupart des arrondissements)
Pourtant, de nombreuses directions proposent des actions dont il est facile de comprendre qu'elles recoupent les préoccupations des membres du CPJ. S'ils avaient une idée précise de ce qui est fait, les jeunes pourraient identifier ce qu'ils jugent être des carences, ou améliorer les dispositifs, ou encore relayer de bonnes pratiques (comme pour le projet de jeunes-relais).
Pris au sérieux, le Conseil Parisien de la Jeunesse fonctionnerait alors comme un panel. Il aurait la possibilité s'il le souhaite de formuler des revendications politiques dans un cadre non-partisan. Parmi les directions concernées en tout premier lieu (ce qui n'exclut pas la collaboration avec d'autres) :
- Direction Jeunesse et Sport : 5 bureaux pour la sous-direction jeunesse, 5 activités dont le CPJ ne connaît presque rien (et n'est guère renseigné par le rapport d'activités annuel disponible sur Internet).
- Direction des affaires scolaires : beaucoup de membres du Conseil de la Jeunesse sont lycéens ou collégiens, pourquoi ne pas les impliquer ? Notamment il faut penser un rapprochement progressif avec les Conseils de la Vie lycéenne de chaque lycée ; on pourrait commencer par des rencontres inter-CVL au niveau de chaque arrondissement avec le CPJ.
- Direction pour la santé : très intéressant pour le projet du CPJ en rapport avec le planning familial et sur les questions de prévention santé avec l'amélioration de l'efficacité des campagnes de communication à la fois des affiches de la DASES et celles parfois naïves des membres du CPJ et des CJA.


Sans attendre la concertation issue de ce comité de pilotage, on peut d'ores et déjà organiser une possibilité de consultation pour tous les projets mis en œuvre en direction des jeunes par les directions en commençant par la DJS, la DASCO et la DASES dès cette année. Si les jeunes doivent être informés, ils se saisissent de ce qu'ils souhaitent : on ne peut obliger qui que ce soit à réfléchir sur un problème qui ne l'intéresse pas au risque d'avoir une réflexion inintéressante (si on réussit à pousser à terme la consultation) ou à faire perdre toute motivation aux jeunes pour venir au CPJ.


L'ordre du jour aura donc à mon avis quelques difficultés à être imposé par l'exécutif parisien. En sens inverse, les CJA et le CPJ auront du mal à faire à se faire entendre de l'exécutif de manière autonome. La responsabilité de la compétence des jeunes uniquement ? Les effets de position des personnes qui gravitent autour de ces instances ont un impact quotidien. Les membres du CPJ et des CJA sont aidés par les animateurs très dévoués malgré le fait que leurs emplois ne sont pas forcément les débouchés qu'ils attendaient : ils sont très diplômés et certains dans des domaines qui n'ont pas de point commun avec la jeunesse. La suite donnée aux emplois-jeunes par la Ville est loin de combler ces animateurs (mi-temps, etc.). Malgré tout, c'est bien grâce à eux que la voix des jeunes se fait un peu entendre. Ils sont aidés (mais pas toujours) par les élus à la jeunesse. Tant que ces derniers resteront des élus « mineurs » aux yeux du reste de l'exécutif, le problème des moyens et de l'écoute accordés aux jeunes avancera lentement.


La communication
Pour préparer cette réflexion, une rapide recherche a eu lieu pour trouver des documents ou des actions à propos des jeunes sur lesquels le CPJ n'a jamais été ni consulté, ni simplement informé :


17 000 agendas d'éducation à la santé pour les CM2
" La cigarette c'est trop bête, le sport c'est trop fort ", et d'autres messages, de prévention du tabagisme et plus largement d'éducation à la santé, ponctuent les pages des 17 000 agendas scolaires offerts à tous les élèves de CM2 des écoles publiques parisiennes, à chaque rentrée depuis 2003. Blagues, dessins et poèmes alertent les écoliers sur les pièges à éviter, à l'heure où 3 franciliens sur 10 ont déjà fumé des cigarettes à l'âge de 13 ans. Le comité de Paris de la Ligue contre le cancer a initié cette opération, soutenue par la Ville de Paris, l'académie et la caisse Primaire d'assurance maladie.


Le Service de l’écologie urbaine a vocation à rendre la ville exemplaire en matière de développement durable. Un programme d’actions éducatives, diversifiées et complémentaires, relatives à l’écologie urbaine a été mis en place de façon à stimuler des évolutions de comportement.


LA COMMUNICATION ET LA SENSIBILISATION DU PLAN CLIMAT
8.1.1 - Vers le jeune public
À partir de la rentrée scolaire 2007-2008, plus de 20 000 scolaires du primaire seront sensibilisés à des gestes simples et quotidiens pour que chacun participe à réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Ce considérable travail en profondeur sera mené grâce au réseau d’équipements d’éducation à l’environnement de la Ville.
Un concours sera organisé dès la rentrée 2007-2008, pour les écoles primaires, pour rêver Paris en 2050. Les œuvres feront l’objet d’une exposition à l’Hôtel de Ville. Les années suivantes cela sera étendu aux thématiques du développement durable dans le cadre de l’Agenda 21. Pour les collégiens, un programme pédagogique d’économies d’énergie par des gestes simples, comprenant des conférences-débats mais aussi des visites concrètes (bâtiments avec affichage des consommations énergétiques de la campagne européenne Display, centres de tri, constructions ou zones d'aménagement exemplaires...) sera développé par les services de la Ville et les Espaces Info-Energie.


Pire encore, dans le protocole d'accord avec la ville de Malakoff datant de plus de 4 ans, les jeunes du CJA14 ont appris cette année qu'ils avaient été censés entamer une collaboration avec le CJ de Malakoff. Aucune collaboration n'a suivi. D'autres protocoles avec d'autres villes existent (Vanves,...) avec des dispositions similaires.
Le CPJ n'aura jamais la capacité de faire des rapports d'experts mais dans ces exemples, le CPJ aurait pu donner son avis sur sa sensibilité aux campagnes de communications choisies, sur les actions de sensibilisation à mettre en oeuvre, ou encore sur la pertinence de la tranche d'âge. Il faut donc préparer une liste complète recensant les communications organisées à destination des jeunes par la Mairie de Paris parmi l'ensemble des directions. Il semble d'ailleurs significatif que la liste sur cette dimension sectorielle n'existe actuellement pas.
Pourquoi ne pas être consulté systématiquement en amont sur les grands projets (Paris Plage, Plan Climat, PLU par exemple) et les enquêtes publiques (tramway,…) ?
Pourquoi ne pas commencer aussi par nous consulter sur les délibérations appuyées par l’adjoint à la jeunesse ? Pour cela, il faudrait disposer d'une présentation de la politique de la Ville en direction des jeunes ce qui n'est pas le cas. Un bilan écrit de toutes les délibérations (notamment les subventions concernant les associations) peut paraître utile pour engager des partenariats, tout comme un compte-rendu de mandat annuel « spécial jeunes » avec les adjoints au maire dont les occupations rejoignent totalement celles du CPJ (jeunesse, vie étudiante, vie scolaire, protection de l'enfance) et pourquoi pas avec le Maire de Paris (pour les autres domaines). Connaissance ne veut pas dire accord : si le CPJ est un panel, il n'est pas un relais de communication de la politique municipale. Ces compte-rendus pourraient être doublement contradictoires. Ces communications devraient faire place ensuite à un débat avec les membres du CPJ. Un travail en amont pourraient permettre aux jeunes de donner des avis éclairés et éclairants (par exemple une question sur l'évolution du budget de la sous-direction jeunesse depuis 2001 serait trop abstraite actuellement pour beaucoup de membres si elle était posée au CPJ). Par ailleurs, la présence tant de l'opposition que des groupes de la majorité serait peut-être utile pour remettre en perspective les actions de la municipalité en direction des jeunes. Si l'on présentait plusieurs options possibles ou plusieurs projets (pas nécessairement alternatifs d'ailleurs), les jeunes élargiraient leur horizon d'attente.
La relation des groupes politiques vis-à-vis du CPJ (comme des autres instances participatives) est à étudier, puisqu'à Dourdan a été évoqué la possibilité d’assister (avec un statut d'observateur) à la commission du Conseil de Paris traitant de la jeunesse. Cette option a pourtant été jugé impossible à réaliser, alors qu'elle aurait un intérêt « pédagogique » évident pour les nombreux jeunes qui ne connaissent rien au fonctionnement du Conseil de Paris, d'autant que la qualité des débats y est parfois supérieure à celle du Conseil de Paris. Concernant la qualité des débats, il paraît important de noter que ces débats avec l'ensemble des élus ne doivent ni effrayer les plus jeunes (sérénité, rigueur sont nécessaires... dans l'idéal), ni les ennuyer. A ce titre, il faut faire le bilan des deux rencontres organisées dans 2 arrondissements entre les têtes de listes aux municipales et les jeunes des CJA. D'autres rencontres ailleurs ont été tentées, mais se sont heurtées au refus du maire sortant.
Pour la charte de fonctionnement


Le Conseil Parisien de la Jeunesse doit être traité comme les autres instances de démocratie participative, notamment améliorer la capacité à porter notre voix. Nous devrions pouvoir donner des avis (sous forme de vœux) qui seraient inscrits automatiquement à l’ordre du jour du prochain Conseil d’arrondissement pour pouvoir être votés.
Autre problème dû au manque d’information : les CJA et le CPJ devraient être informés de ce que font les autres instances (conseils de quartier pour les CJA, Conseil de la Vie étudiante pour le CPJ,…). Par exemple, à propos des bourses et des dispositifs d'aide à l'emploi, le CODEV a commencé une réflexion concernant le rapprochement des jeunes avec le monde du travail (un annuaire de stage au niveau de la ville pour les collégiens au lieu que ça soit le capital social qui détermine le choix du stage). L'émiettement n'a pas de sens : pourquoi ne pas en discuter au CPJ ?
Il faudrait organiser des réunions communes (sous la forme de plénière commune ? De groupes de travail mixtes ?) avec ces instances, notamment sur des sujets d'intérêt commun comme l'éducation à la citoyenneté européenne, le service civil (obligatoire ?) ou encore le bénévolat sur lesquels la Ville peut aussi avoir un impact. Sur ces sujets comme sur d'autres, l'implication des citoyens doit commencer par les instances de la démocratie participative parisienne.


Ces propositions ont ensuite été reprises par le groupe de jeunes dans lequel j'étais. Heureusement, Bruno Julliard a décidé d'un certain nombre d'évolutions positives. Certains sujets bloquent toujours, qui ne sont pas forcément de son ressort. La séparation entre le Conseil de la Vie Étudiante et le Conseil de la Jeunesse est tout à fait artificielle. Pour le moment, Bertrand Delanoé et son équipe n'ont pas de grands évènements politiques à proposer aux jeunes en dehors de l'entertainement.