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jeudi 22 septembre 2011

Comment José Bové est passé du Larzac à Bruxelles

Quand un opposant au Traité constitutionnel européen rencontre un tenant du oui... L'affiche des entretiens de José Bové avec le journaliste et blogueur sur les affaires européens à Libération Jean Quatremer était prometteuse. De son parcours militant à son engagement au sein d'Europe Ecologie en passant par sa campagne référendaire après ses années à critiquer la PAC au sein de Via Campesina, le livre donne beaucoup de clarifications sur son souhait d'une Europe citoyenne et fédérale. Malgré son titre, le livre semble malheureusement rester aux portes du Parlement Européen : on ne saura rien des premiers combats menés comme europarlementaire. Il faudra donc attendre encore quelques années pour connaître la portée de ses actions et l'analyse de sa marge de manoeuvre au sein du Parlement face à une majorité conservatrice et surtout face la Commission et au Conseil européen.



Du Larzac à Bruxelles, Entretiens avec Jean QuatremerJosé Bové , 13,50 euros aux Editons du Cherche Midi.
(Recension dans le prochain numéro de Territoires, n°521)

samedi 27 novembre 2010

Comment pousser les initiatives européennes citoyennes

En ce moment même, les institutions européennes sont en train de décider du sort d'un nouvel outil démocratique qui pourrait changer la conduite de la politique européenne.

L'Initiative Citoyenne Européenne (ICE) oblige la Commission Européenne à agir lorsqu'elle reçoit une demande émanant de plus d'un million de citoyens. Mais aujourd'hui, certains responsables politiques s'opposent à l'approfondissement de la participation citoyenne dans la gouvernance, et tentent d'imposer des critères contraignants qui rendraient l'ICE inaccessible et sans pouvoir.

Les négociations entrent dans une phase critique. Une vague de soutien massif aux membres du Parlement Européen les plus impliqués dans ces négociations pourrait influer sur le débat et renforcer définitivement la place des citoyens dans le processus législatif européen. Signez la pétition et faites passer le message -- notre pétition sera présentée par les Parlementaires européens participant aux dernières réunions de négociation.
http://www.avaaz.org/fr/eu_citizens_initiative/?fpbr

mardi 22 juin 2010

Comment joindre les deux bouts en Europe

Un Européen sur six déclare avoir constamment des difficultés à payer les factures de son ménage et les trois quarts des citoyens pensent que la pauvreté a augmenté dans leur pays au cours de l’année passée. Tels sont les principaux résultats d’une nouvelle enquête Eurobaromètre sur les répercussions sociales de la crise, présentés aujourd’hui par la Commission européenne. La diffusion des résultats de cette enquête, réalisée en mai 2010, intervient alors que la première moitié de l’Année européenne de la lutte contre la pauvreté s’est déjà écoulée et que, le 17 juin, les dirigeants de l’Union européenne se sont donné pour objectif d’aider vingt millions d’Européens à sortir de la pauvreté et de l’exclusion sociale durant la prochaine décennie.

Dans l’ensemble, les citoyens de l’Union jugent que la pauvreté a augmenté au cours de l'année précédant l'enquête, et ceci à tous les échelons: six sur dix pensent que c’est le cas dans leur région, 75 % dans leur pays et 60 % à l’échelle de l’Union. La France est le deuxième pays dans lequel ce sentiment est exacerbé.

La perception de la pauvreté est marquée par la crise et les appels à l’austérité. Les Grecs sont proportionnellement les plus nombreux (85 % des personnes interrogées) à penser que la pauvreté a augmenté sur leur territoire. Concernant leur propre pays, 83 % des Français, 82 % des Bulgares, 77 % des Roumains et 75 % des Italiens partagent cet avis. Si, dans certains pays, les citoyens s’attendent à des difficultés supplémentaires en Roumanie et en Grèce, sept personnes sur dix pensent que la situation financière de leur ménage va se détériorer dans d’autres, la perception de la situation s’est améliorée. Ainsi, seuls 23 % des Lettons, 32 % des Lituaniens et 20 % des Hongrois considèrent que la situation financière de leur foyer va empirer, contre respectivement 65 %, 58 % et 48 % d’entre eux en juillet 2009. Les personnes interrogées en Lettonie, en Pologne, au Royaume-Uni, en Belgique et en Finlande sont désormais moins nombreuses à penser qu'elles resteront au chômage si elles viennent à perdre leur emploi.

Un Européen sur six a déclaré qu'au moins une fois au cours de l'année précédant l’enquête, son ménage avait manqué d'argent pour régler les factures habituelles ou acheter de la nourriture ou d’autres biens de consommation quotidiens; au moment de l’enquête sur le terrain (soit en mai 2010), 20 % des Européens avaient du mal à payer leurs factures et à rembourser leurs crédits. La situation est inégalement répartie sur le territoire de l'Europe : les pays de l'Est se démarquent tandis que la France ne toujours pas partie des pays les mieux lotis.



Ainsi, 15 % d’entre eux étaient confrontés à des difficultés permanentes, 3 % étaient en retard de paiement pour quelques factures et remboursements et 2 % avaient de réels problèmes financiers et n'avaient pu honorer nombre de leurs obligations.

Environ 30 % des citoyens jugent qu’il leur est de plus en plus difficile de faire face à leurs dépenses de santé.
 
Quelque trois Européens sur dix ont déclaré qu’au cours des six mois précédents, ils avaient eu plus de mal à subvenir à leurs dépenses de santé, à payer leurs frais de garde d'enfant ou à financer des soins de longue durée pour leurs proches ou eux-mêmes: la situation était devenue «beaucoup plus difficile» pour 11 % des personnes interrogées, et «un peu plus difficile» pour 18 % d’entre elles.

dimanche 4 avril 2010

Comment encourager l'égalité des chances chez les jeunes européens

Dans son travail, le Forum européen de la Jeunesse regroupe différentes organisations de jeunesse d'Europe. L'an passé, il a lancé un processus qui vise l’adoption d’une Convention européenne sur les Droits des Jeunes dans le cadre du Conseil de l'Europe.

La question de la reconnaissance légale des droits des jeunes a repris son souffle lorsque l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a adopté une motion demandant un rapport sur les éventuels bénéfices d’une convention européenne sur les droits des jeunes. Suite à cela, le Forum européen de la Jeunesse a décidé de lancer un rapport et d’enquêter sur la situation des droits des jeunes en Europe. Et ce rapport a été publié cette semaine.

Le FEJ plaide pour une convention qui garantirait des droits spécifiques aux jeunes, notamment aux étudiants : la participation, le droit à un emploi décent et à la protection sociale, la liberté d’expression, la justice des jeunes majeurs et la détention, la non-discrimination et l’égalité des chances, la mobilité et le transport, la santé sexuelle et reproductrice, la religion et l’objection de conscience, et la sensibilisation aux droits des jeunes.

Cette convention n'aura pas le même impact partout le jour où elle serait signée par les Etats-membres, car les enjeux ne sont pas les mêmes selon les pays : la promotion de la santé en Pologne ou en Suède n'atteint pas le même degré d'efficacité, la place des religieux dans les cours d'éducation à la sexualité n'est pas la même, ce qui n'est pas sans impact sur le contenu des cours.

La notion même d'égalité des chances demande à être affinée dans le contexte de l'éducation. On pense notamment à l'égalité d'accès au système éducatif : le fait qu'on puisse rentrer dans une université ou devenir apprenti sans discrimination basée sur des motifs interdits (origines,...). En aval de l'accès, il faudra penser aussi à la motivation des élèves, leur ambition et des facteurs jouent ici sans qu'il soit question au sens légal de discrimination : l'attitude des professeurs par exemple.

L'impact des enseignants dans l'égalité des chances des élèves

Dans une expérience à laquelle je participe dans le 18e arrondissement de Paris, on implique les élèves dans l'évaluation de la qualité de vie de leur établissement. Sur le climat scolaire, on note le sentiment d'injustice des élèves vis-à-vis de leurs professeurs. Ce sentiment peut être compris de plusieurs manières. Dans un premier temps, l'explication la plus simple était qu'on ne punit jamais les élèves de la même manière pour un même acte. Effectivement, pour un élève qui cumule des difficultés familiales, il ne sera pas puni de la même manière qu'un élève dans une période normale. Vendredi, une deuxième explication était donnée par une élève de 5e : elle voudrait que les professeurs soient attentifs à "ne pas punir toujours les mêmes et à interroger toujours les mêmes".

Aujourd'hui, je lis un article dans le Guardian qui apporte un autre éclairage sur cette deuxième hypothèse : un rapport écrit par des chercheurs en économie de Brixton, fait le point sur les résultats aux évaluations nationales. L'étude conclut que les élèves noirs ont de bien meilleurs résultats lors des évaluations nationales que dans les évaluations données par leurs professeurs. Les élèves d'origine indienne et chinoises ont tendance à être par contre surnotés, surtout en mathématiques, tandis que les blancs des classes populaires sont eux sous-notés par leurs enseignants.

Ce constat rappelle étrangement des études réalisées par l'équipe de Pierre Bourdieu autour de l'attitude des enseignants vis-à-vis de leurs élèves selon leur milieu social. Leur implication a un impact majeur dans la stimulation de leurs élèves. Ce véritable effet Pygmalion joue en la défaveur des élèves déjà défavorisés. Bruno Masurel d'ATD Quart Monde rapporte une anecdote très intéressante qui parait aussi très irréelle (reprise sur le site de Philippe Meirieu dans un texte intitulé "vivre la citoyenneté au collège") :
Je raconte très souvent l’histoire (vraie) de 2 élèves de 6°, Marie Jo et Didier, dont deux professeurs disent, au conseil de classe du premier trimestre, qu’ils sont sûrs qu’il vont redoubler, à la fin de l’année. Leur professeur principal, qui est nouvelle, qui est prof. de français, est elle-même très choquée par ce jugement, qui l’empêche de dormir une bonne partie de la nuit. Le lendemain, les élèves lui demandent « qu’est-ce qu’ils ont dit au conseil de classe ». Elle leur dit la vérité : deux professeurs, qui sont expérimentés, pensent que Marie Jo et Didier vont redoubler. Elle leur dit que cela l’a beaucoup choquée d’entendre ça, et elle leur demande ce qu’ils en pensent, et ajoute ce que elle-même en pense : Si on n’accepte pas ce jugement, qui condamne deux élèves, dès le premier trimestre, cela peut se passer autrement.
Face à ce défaitisme annoncé, la classe se réorganise pour aider les deux élèves condamnés et la coopération avec ceux qui ont des meilleurs résultats conduit finalement à l'absence de redoublement : ces élèves qui n'auraient pas progressé sinon réussissent à acquérir les compétences demandées pour passer en classe supérieure. Cette réorganisation exceptionnelle interroge les pratiques professionnelles des enseignants, les préjugés et la capacité à déjouer le "prévisible".

Cet effet Pygmalion a des sources profondes et certaines tout à fait rationnelles : tout le monde connaît grosso modo les grandes tendances statistiques de réussite scolaire. L'enquête anglaise a un titre éloquent en la matière : "Test Scores, Subjective Assessment and Stereotyping of Ethnic Minorities". Les stéréotypes sur les classes sociales et/ou les minorités ethniques ont certainement un fonctionnement similaire.

La différence dans l'évaluation est d'autant plus important dans les zones où les pauvres ou les minorités sont rares. Les stéréotypes seraient donc bien à l'origine des ces différences de traitements selon l'origine des personnes. À l'heure actuelle, je ne sais pas si ces traitements différenciés seraient reconnus comme des pratiques discriminatoires d'une personne chargée d'une mission de service public : cela se passe à l'école, il ne s'agit pas à proprement parler d'un refus de service, car tous les élèves sont évalués, et on ne leur refuse aucun droit. Indirectement, on objective grâce aux statistiques ces traitements différenciés en Grande-Bretagne, mais une telle enquête en France ne serait pas légale dans les mêmes conditions. Mais on peut présumer que le même phénomène existe en France.

L'article conclut à juste titre que cette lutte contre les stéréotypes n'est pas prise en compte par la législation actuelle sur l'égalité de traitement. À l'échelle européenne, cela demande donc des actes supplémentaires pour réduire les mécanismes de reproduction sociale et j'espère que le projet de convention européenne en tiendra compte.

jeudi 25 mars 2010

Comment Avaaz crée le buzz autour des OGM

Bien que ce billet ait été publié en mars 2010, il garde toute son actualité tant que le règlement de l'initiative citoyenne à l'échelle européenne ne sera pas mise en place début 2011. Je vous engage à ne pas signer la pétition, mais plutôt à contacter plusieurs eurodéputés de votre circonscription par mail ou par téléphone pour connaître leur position sur les OGM.

Voilà que la barre des 300 000 signataires a été franchie par Avaaz. Il faut dire que comme toute bonne chaine ou comme tout hoax, le message appelant à signer la pétition circule beaucoup.

Le principe est enfantin : jouer sur la crédulité des gens qui propageront le message avec d'autant plus de ferveur qu'ils sont convaincus de la pertinence du message.

Ici Avaaz, que personne ne connaissait il y a encore deux semaines, a lancé une pétition européenne dans le but de récolter le fameux million de pétition pour faire bouger la Commission européenne grâce au Traité de Lisbonne en demandant un moratoire sur les OGM. Or, je vois dans la démarche quelques petits soucis :
  • on ne sait pas encore comment marche le droit de pétition alors que la mise en œuvre du traité de Lisbonne ne date que de quelques mois : combien de pays membres doivent être représentés chez les pétitionnaires et dans quelle proportion pour que la procédure marche ?
  • le fait que des citoyens extracommunataires puisse signer rend peu crédible la démarche, même si le principe est louable
  • ce texte n'est pas tout à fait une pétition, puisque l'exposé des demandes n'est pas clair (quels sont les critères de l'indépendance de l'expertise ? ce n'est pas indiqué ici). Depuis une semaine, l'exposé a d'ailleurs été modifié.
  • pourquoi ce texte n'est pas appuyé par le réseau européen Green10 (regroupant Greenpeace, WWF,...) ou aucune des associations membres ?
Avaaz a certainement réussi son coup : renforcer son nombre de contacts grâce au buzz. Mais l'initiative de la pétition, si elle est peut-être bienfondée, demande surtout à être jugée sur son efficacité.

Un nouvel article sur le site du Parlement Européen ajoute d'autres problèmes :
  • les pétitions en ligne ne seront même pas forcément reconnues pour des raisons de fiabilité des signatures. On ne sait même pas qui va vérifier les signatures.
  • l'objet de la pétition doit-il être vérifié avant le lancement du recueil des signatures pour la pétition ? Si oui, par qui ? Comment ?
Ce nouvel outil de pétition à l'échelle européenne est un premier pas vers l'écoute active des citoyens. On peut parier que les réseaux européens associatifs vont être les premiers à utiliser cet outil pourtant assez limité dès qu'il sera en place début 2011. Il est presque étonnant que l'article parle de démocratie directe, alors le pouvoir de contrainte de la pétition est purement symbolique.

Ajout du 20 avril : La Commission Européenne a publié ce mois-ci une proposition de réglementation . Désormais le Conseil européen et le Parlement doivent se mettre d'accord. Une chose est sûre pour Avaaz, il est fort probable que les éléments qu'ils collectent ne soient pas suffisants : il est question de demander beaucoup plus d'éléments d'identification des personnes, comme par exemple le numéro de carte d'identité ou de sécurité sociale. Cela pose désormais le problème habituel de la protection des données personnelles.
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mardi 16 février 2010

Comment Miliband a couvert la torture

C'est étonnant cette manière typiquement non-française de mener des entretiens de choc.


Heureusement en France nous avons de grandes pointures comme Laurence Ferrari et XXX (complétez la liste nombreuse).

Avec tout le délire autour d'Ashton, certains ont espéré la nomination de David Miliband, le chef actuel de la diplomatie britannique, au poste de ministre des affaires étrangères de l'Union Européenne. Finalement, sans ce grand promoteur des droits fondamentaux, c'est pas plus mal comme ça.

jeudi 3 septembre 2009

Comment les jeunes Européens appréhendent les droits de l'Enfant

Je signale la parution fin août sur le site de la Commission européenne d'un Eurobaromètre Flash. Rien que la parution, c'est une bonne nouvelle, car ce n'est pas un domaine proprement communautaire. C'est à dire qu'à l'aube des diverses commémorations des 20 ans de la Convention des droits de l'enfant, la Commission pousse un peu, délicatement, à l'évaluation de la situation chez les États membres. L'étude consiste en un sondage des 15-18 ans.

Premier commentaire : s'agit-il d'un sondage sur les droits de l'enfant ? En tout cas, pas tel que l'entend la Convention relative aux droits de l'enfant. Il s'agit d'un sondage sur la conscience pour les enfants d'avoir des droits spécifiques par rapport aux adultes. C'est flagrant sur le test de connaissances : les deux questions portent sur une situation de divorce où l'un des parents partiraient dans un autre pays de l'UE. On rigole un peu pour la deuxième question porte sur la labellisation des jeux vidéos selon l'âge. Cela ne rentre absolument pas dans la convention des droits de l'enfant.

Sur la méthodologie, je suppose qu'ils ne suivent pas la méthodes des quotas. Le sondage a concerné 10000 jeunes Européens, dont 400 Français. Ce n'est qu'un sondage, et que nous enseigne-t-il ?

Les jeunes Français semblent moins conscient de leurs droits (p.16). La question portant sur un ressenti, ce n'est pas le plus convaincant.

Je trouve beaucoup plus intéressant les priorités politiques qu'ils définissent p.20 : en premier vient l'éducation (77% des Européens concernés et 68% des Français), puis la sécurité (47% UE, 37% France), la santé (42% UE, 40% France), les loisirs (32% UE, 30% France), la justice (28% UE, 35% France), l'environnement (23% pour l'UE et la France aussi), les migrations (16% UE, 18% France).

Contrairement à la plupart des autres pays, les jeunes sondés de France inversent santé et sécurité dans leurs préoccupations, la santé passant en deuxième position. Au niveau européen, c'est bien un sujet qui discrimine les filles des garçons contrairement aux autres questions. Si l'éducation est citée autant chez les unes que chez les autres, les priorités s'inversent pour les domaines suivants : quand on est une fille, on semble privilégier la sécurité (47% contre 41% chez les garçons) et la santé (48% contre 37% chez les garçons). Quand on est un garçon, la deuxième préoccupation avant la sécurité semble être les sports et les loisirs (39 contre 24% chez les filles).

Une autre question porte sur ce que définissent les jeunes comme priorités nationales. Les jeunes Français sondés sont en queue de peloton pour mettre la violence, l'exploitation sexuelle ou les drogues comme priorités nationales. Par contre, on apprend p.33 qu'ils sont 48% à classer en premier le racisme et les discriminations (27%UE) : c'est le plus fort taux par rapport aux autres pays. Et les sondés français sont aussi bien au dessus pour vouloir s'attaquer à la pauvreté (29% contre 23%).

Mais alors que faire ? Si les Français sont moins informés, comment leur apporter l'information à propos de leurs droits et sur les moyens pour eux de s'informer ? 94% des sondés en France comme dans le reste de l'UE demandent des campagnes d'information par divers canaux (Internet surtout, télé). Je suis très étonné que parmi les canaux proposés ne figure pas l'école.

Cette situation rend nécessaire l'opération Graines de citoyen organisée par la section du 18e de la LDH, parmi d'autres évolutions souhaitables comme la rénovation de l'éducation à la citoyenneté à l'école.

samedi 15 août 2009

Comment une vidéo tente de raconter la conférence de Bruxelles

Le service presse de la Commission Européenne a mis cette semaine en ligne la vidéo de la conférence de juillet sur la santé des jeunes.
The Commissioner for Health Androulla Vassiliou is proud to release a short video clip illustrating the highlights of the first ever EU level youth health conference held in Brussels on 8-10 July.


Comme on m'aperçoit un quart de seconde, c'est de l'autopromotion évidemment.

Mise à jour de l'autopromotion au 9.01.10 :






dimanche 9 août 2009

Comment améliorer les conférences pour les jeunes à Bruxelles ?

Je suis parti courant juillet pour une conférence sur la santé des jeunes en Europe. Cela se passait à Bruxelles et j'ai publié en rentrant sur le blog de la conférence deux petits articles "critiques", comme à mon habitude. Je les "rapatrie" ici. À Bruxelles, l'ambiance est différente de celle de Paris. Quand on souhaite apporter des améliorations (et qu'on se fait applaudir par un bon tiers de la salle), la réaction est plus attentive. J'attendrai la prochaine conférence pour vous dire si ça a été suivi d'effet(s).


Il faut faire le pari que ce débat de qualité puisse se répéter pour approfondir les sujets. Pour cela, je propose quelques pistes.

La première chose, c'est que ce type de débats puisse avoir lieu dans tous nos pays et qu'on s'intéresse à l'avis des jeunes les moins mobilisés.
Chaque pays devrait donc décentraliser ces débats et tenter l'expérience de ce type de conférence avec tous les élèves d'un lycée par exemple. Pour ne pas perdre l'intérêt de la discussion des différentes situations nationales, cette expérience pourrait être menée avec les établissements qui sont jumelés à travers l'Europe.

Chaque atelier durait une heure et demi. Comme les présentations étaient très intéressantes et très denses, il est certainement possible d'augmenter la durée des ateliers. Cela permettrait aussi de travailler plus en détails sur les conclusions. Les participants pourraient les valider collectivement une par une.

Il est très important d'assurer l'empowerment des jeunes, comme cela a dû être dit de très nombreuses fois. Une journée de préparation pour cette conférence a semblé à certains bien courte, surtout quand on a des situations nationales très différentes et que les intervenants en face de nous sont très intéressants. Cela donne l'impression de n'avoir qu'effleurer le sujet alors que certains commençaient tout juste à être sensibilisés.

Au delà de la sensibilisation, il faudrait pouvoir aller plus en profondeur et avoir un dialogue structuré avec les décideurs. La constitution de groupes de travail mixte jeunes-professionnels qui se réuniraient régulièrement pourrait être une solution pour continuer ce travail. Ce type de réunions ont déjà existé par le passé.

Madame Androulla Vassiliou, l'actuelle Commissaire à la santé a trouvé nos remarques très stimulantes. C'est pourquoi il nous faut rester actifs dans le processus de décision. Il pourrait être utile de faire le point sur l'évolution de la situation au regard de nos propositions formulées. On pourrait organiser une nouvelle conférence en 2010 où les eurodéputés s'occupant des questions de santé discuteraient de nos propositions, comme la suggérait Robert Madelin, Directeur Général de la DG de la santé et des consommateurs.

D'ailleurs, Robert Madelin nous attend au tournant pour voir si notre engagement tiendra dans la durée... Pourquoi laisser les lobbyistes professionnels s'investir dans le Parlement Européen ? C'est aussi notre responsabilité de interpeller les eurodéputés. C'est pourquoi il faut saluer l'initiative de mettre en lumière les eurodéputés particulièrement chargés de ces questions. Sur les politiques de jeunesse, l'outil des agoras citoyennes, initiée par Gérard Onesta, pourrait nous être utile pour rassembler les réflexions de la société civile sur cette question.

Quel que soit le domaine, on se rend compte qu'après 20 ans de la Convention des Droits de l'Enfant, beaucoup reste à faire pour que les jeunes puissent être entendus pour les décisions qui les concernent de près ou de loin. Souhaitons que, quel que soit le nom du Commissaire européen à la santé à l'automne, cette initiative trouve des suites !

Comment consulter les jeunes Européens sur la politique de santé

Je suis parti courant juillet pour une conférence sur la santé des jeunes en Europe. Cela se passait à Bruxelles et j'ai publié en rentrant sur le blog de la conférence deux petits articles "critiques", comme à mon habitude. Je les "rapatrie" ici.


Alors que le camp de préparation repartait de zéro pour se fonder uniquement sur les expériences des participants, l'échange mutuel sur les problèmes dans chaque pays a favorisé la prise de parole des jeunes participants. Leur constat a permis de vérifier la pertinence des propositions formulées par le Youth forum dans son Document politique « La santé et le bien-être des jeunes » adopté en novembre dernier. Alors après cette Conférence riche en propositions, que peut proposer la Commission Européenne ?

L'action de l'Union se résume pour le moment à un échange de bonnes pratiques, ce qui est crucial pour réduire les inégalités de santé tout en tenant compte des traditions nationales. Si chaque pays a des traditions différentes, il y a un consensus général pour remettre les jeunes au centre des stratégies de réduction des inégalités de santé : les échanges de bonnes pratiques en santé mentale, en santé reproductive ou sur les stratégies anti-tabac ont répété à longueur de powerpoint et de discours la nécessité de méthodes interactives et de l'implication des jeunes en amont dans l'élaboration de ces politiques.

Mais la formation des professeurs, les programmes scolaires des élèves ou le fonctionnement institionnel des écoles ne relèvent pas par exemple de la compétence de l'Union Européenne. Par contre, l'Union Européenne peut pallier l'inaction des États-membres en finançant des projets innovants à caractère expérimental. D'autres actions sont aussi possibles si une politique cohérente est menée transversalement. Alors que la malbouffe rapporte tant aux entreprises et provoque un ravage sanitaire, il serait temps de taxer ces produits et même d'interdire leur publicité à l'échelle de l'Europe. Cela permettrait au moins de dégager les financements nécessaires pour assurer l'empowerment (assurer que les jeunes soient des citoyens actifs) et des programmes aidant des professionnels de terrain, comme Epode (sur l'obésité) ou Schools For Health (l'environnement scolaire). Ces priorités sont sous-financées et seule une volonté politique forte pourra réduire ce déséquillibre entre marketing et promotion de la santé !

Tant d'organisations et de jeunes mobilisés ont démontré que la santé publique est un défi majeur pour notre génération. Cette conférence a permis tant de rencontres entre nous et c'est tout l'intérêt de cette conférence qui mêlait professionnels et jeunes : nos projets n'en sortent que renforcés !